PEINTRE MARSEILLAIS

                                                              
                                                                               



 




 

EXPOSITIONS PERMANENTES :



Antique art galerie   Marseille


La Renaissance du meuble
  Nice

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Lundi 19 janvier 2009




 
The Phillips Collection, Washington, D.C. 

   


         ORIGINE D'UN MONUMENT DE LA PEINTURE MODERNE 



  Lorsqu'en 1906 Cézanne commence l'exécution de cette vue ,Matisse un an auparavant exposait sa "femme au chapeau" au salon d'automne (naissance du fauvisme) et Picasso entreprend déja les esquisses préparatoires de ses Demoiselles (1906-1907).Le vieux Maître d'Aix semble alors dépassé sur le terrain de l'audace formelle, par la jeunesse avant-gardiste de l'époque.
     Mais à bien considéré l'étape créatrice que franchit ici Cézanne avec cette vue des Lauves,il n'en est rien.Oeuvre monumentale au regard des moyens plastiques déclinés.(tâches,volutes,coulure en bas au centre,segments,hachures vigoureuses en certains endroits clés de la toile),Cathédrale de ce début de XX siècle trop pesante .Seul le Picasso d'Avignon (cf-"vieil homme au moignon") tutoiera un tel sommet,70 ans plus tard .Ce chef d'oeuvre n'est rien moins que le vaste champ des "potentialités picturales".Ivresse dans l'ouverture de l'espace,
Cézanne est ici le peintre du Big Bang 

    La composition
 s'articule autour de 3 bandes horizontales d'égale largeur
,selon les lignes de force suivantes :

                
                                                        
               Celle ci est d'une épure et d'un minimalisme inédits pour l'époque.

                                                                     1/3 ciel
               Selon la répartition suivante 3x1/3 =    1/3 horizon.
                                                                     1/3 sol (pelouse,muret)



Les
lignes de force indiquent la volonté claire du peintre d'ouvrir latéralement son sujet afin que celui ci trouve sa respiration naturelle...Le peintre opère une "nucléarisation"visible du paysage par fission de ses éléments (vision"nucléaire"du monde) conférant à l'ensemble une énergie inouïe.Cette pulsation est rendue simplement par la superposition de tons chauds (verts,jaunes,ocres) sur un bleu cobalt refroidit (ajout de blanc) Le peintre lors d'une ultime séance neutralisera certaines régions chaudes par l'emploi d'un bleu plus soutenu -cf ci dessous zones cerclées.

                     
 


En contrepoint la composition en sa verticalité oscille entre l'ascension prononcée des frondaisons et le déclin à peine suggéré des branches,cf ci dessous 
                  
                                  


             



                               Les leçons ?


Ici le peintre exploite en totalité le potentiel expressif qu'offre le pinceau.Le Dripping n'est pas bien loin,en témoigne la coulée laissée en l'état (visible en bas).Le ciel à d'abord vraisemblablement été exécuté à sec dans la partie supérieure droite (par frottis).Les volutes typiques de ses débuts aux côtés de Pissaro,puis délaissées par la suite au profit des hachures méticuleuses font leur réapparition en cette région du tableau. Présence aussi en de nombreux endroits sur la toile de tâches très faiblement pigmentées (sorte de tachisme).Les régions ainsi traitées viennent renforcer cette sensation d'implosion de la composition.Les quelques rares aplats,réguliers sont là quant à eux afin d'en apaiser la turbulence en son centre.Le génie du peintre ici consite à réorganiser le chaos des frottis et des tâches colorées par de très rares corrections rectilignes (branches,muret,ligne d'horizon). 


A condition de lire honnêtement,ce legs fondateur fait à la peinture Moderne par le Maître d'aix,beaucoup de peintre abstraits (Américains pour la plupart) se sont égarés dans une redite médiocre,ennuyeuse et ampoulée des leçons Cézanniennes (certains persévèrent inutilement en ce sens encore aujourd'hui).Ce testament artistique déborde largement le cadre étroit du cubisme.En 1906 à bien y regardé si l'on accorde quelque crédit à une théorie progressiste de l'art basée sur l'innovation plastique (?) Cezanne est déjà très en avance ,très,très en avance sur le XX .....................
 
 
                                           
                                            
      




                 

 
                                                                         

         
Par Aurélien Citoleux - Publié dans : critiques d'oeuvres choisies de Maîtres
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Lundi 27 août 2007



"Il est vrai que la forme souvent

s'accorde peu à l'intention de l'art,

parce que la matière est sourde à lui répondre".

 


                                                DANTE (chant 1 du Paradis)





                     


      Par "figuration supramorphologique (néologisme dont je suis l'auteur exclusif), la racine supra évoquant la dimension transcendantale en tant que synthèse de l'expérience ,la désinence "morphologique"renvoyant de façon simple à la forme dans sa dimension "extra-ordinaire".

-La forme pour l'académie (qu'elle soit abstraite/ figurative), procède exclusivement d' une orchestration de l'espace par le biais de canons que sont les patrons géométriques (cercles ,carrés,points,...) .Dès la Renaissance ces derniers sont dissimulés sous la notion arbitrale du nombre d'or.Plus récemment le Cubisme, puis le Purisme (avec le modulor du Corbusier),ainsi que l'art abstrait à ses balbutiements européens (Delaunay,kandinsky etc..) ont recouru de façon "ultralisible" à de tels patrons allant jusqu'à leur représentation univoque sur la toile(le cercle ,le carré sont représentés en tant que tels). Le but étant l'harmonie établie selon l'évolution esthétique du temps  soit par  la notion de symétrie(le nombre d'or) , soit par celle de dissymétrie voir d'une asymétrie,savamment calculées (dans le cas du cubisme).Via ces recherches la peinture était en quête avant toute chose d'un équilibre ou selon  d'un chaos conceptuel.L'impressionisme, le fauvisme, ainsi que l'expressionisme abstrait  par un emploi  toujours plus optimal  de la couleur furent autant de tentatives de suggestion de la forme par le biais de celle ci, prophétisant une relégation définitive du dessin.

La forme du sujet pouvant être établie selon 2 procédés que l'on combine ou que l'on exclut l'un de l'autre:
-importance du dessin (pour les classiques)
-prévalence de la couleur (pour les modernes).




-Par "supramorphologie"(sur le plan strictement TECHNIQUE)



 j'entends souligner la prévalence de la forme plastique obtenue selon le rendement de la matière sur celle procédant de la couleur et du dessin.
La  désinence morphisme / "monstrueux", renvoie aux difformités intimes de la nature.Ce qui stimule mon travail ce sont les micro-incidents de la forme, les aspérités du sujet que le peintre se doit de représenter sous une forme jumelle au naturel par le biais des médiums qui sont les siens.La peinture doit par mimétisme tendre vers une imitation de la densité du réel (via le modelé). La suggestion de la forme sur la toile contrairement à ce qui fut toujours admis , ne relève point exclusivement soit du dessin ou de la couleur ou d'une combinaison des deux.
 La distribution de la matière joue un rôle primordial en tant qu' évocation formelle (jeux de vide /plein,absence/lisibilité).La matière accumulée sur le support, les accrétions déposées  çà et là  sont susceptibles de rendre mieux compte à mon sens, de la sensation de"présence" ou "d' absence"du sujet .La matière constitue une synthèse des effets conjugués du dessin et de la couleur.A ce titre l'on peut accumuler la matière picturale dans un ciel (concrétion) quitte à exécuter des roches par sfumato (fluidité) ce qui de prime abord pourra  sembler une inversion d'avec le réel par trop iconoclaste


" ciel pictomorphe":  ci dessous détail du ciel du tableau la Cinétique du  tholonet .
d--tail.jpg



             réalité                          supramorphologie (imaginaire)
         ↓                          ↓

ciel=fluide ciel=dense(pâte)
roche=dense roche=fluide(sfumato)


  
La seul terrain ou le tableau puisse valablement défier le sujet qu'il prétend "retranscrire" est celui de la matière qui par accumulation tend vers le sculptural
donc vers la tridimensionalité.A ce titre l'oeuvre détient une autonomie (existence) propre et singulière par rapport au modèle.
Le but recherché étant de traduire  la densité physique du sujet sur la surface picturale.
La forme n'atteignant sa plénitude que par le biais des jeux de densités.

        
          Tout référent (chaise ,corps,ciel,) possède une ductilité ( élasticité) quant aux multiples modalités de sa traduction sur le support .L'imagination doit  en tester les potentialités expressives dans les limites  du  vraisemblable, sous peine de rompre arbitrairement  tout lien d'avec le réel ou le vécu (un nez ne peut en aucun cas sous peine d'explication littéraire superflue, être signifié par une nuée de points hasardeusement  éparpillés sur le papier). Les accumulations de matière (incrustation,collage etc...) sont autant d'extensions du ressenti (du peintre) vers l' abstraction sans perdre de vue le "référent".La supramorphologie" est une sorte de purgatoire plastique jouant le rôle d'interface entre " le langage figuratif " qui seul peut valablement prétendre à remplir les fonctions communicatives et les signaux abstraits qui relèvent du fantasmé (abscence du référent).La narration demeurant à mon sens  primordiale.






- Sur le plan de l'ESTHETIQUE

 il s'agit d'exprimer  la forme originelle supposée de la nature.Les "arbres foetus",ainsi que les "roches champignon" sont autant de tentatives afin de saisir cette antériorité organique du spectacle naturel.( heuristique d'un environnement primitif).Le but étant d'exploiter au maximum les preuves les plus infinitésimales d'une virginité à jamais révolue.L'imagination jouant un rôle primordial dans cet effort de "reconstitution" du  " de ce qui fut mais n'est plus".
  

arbre-cible.jpg roche-campignon.jpg r

*Arbre foetus  :détail                          *roche champignon : détail









                    LES MEDIUMS ?

                                                                


                                              §         
                                La Pictomorphie




.
Cette notion  contient 2 facettes qu'il convient de développer. Ce néologisme évoque à la fois "le point en tant que forme" et le point considéré dans sa picturalité.La racine "picto" signifiant à la fois  -le point  /- le pictural
             Sous ce terme  j'entends baptiser les régions du tableau assimilables à une sorte de "crépi".Le crépi (région pictomorphe),étant la concrétisation du point dans sa tridimensionalité.Les régions ainsi traitées  bénéficient d'une "prégnance" remarquable.
  
 

            En dessin la pictomorphie se distingue du pointillisme.*
                                               ↓                                                                                                                        *
*vision pictomorphe de la soldatesque romaine



En ce sens que le pointillisme ou le divisionnisme séquencent tous 2 la lumière

La pictomorphie en dessin
tente de retranscrire l'évanescence ou l'émergence du sujet traité.Il s'agit plus d'une vision cryptée du réel nécessitant plusieurs épreuves successives afin de provoquer cette sorte de germination progressive du sujet.Le pointillisme ne joue exclusivement que sur la base d'un calibre de "points" uniforme (seurat).La pictomorphie se joue d'un tel calibrage alliant çà et la divers points de calibres différents,selon un rendu lumineux simplifié ( celui du clair/obscur).
La démarche plastique vise une "abstractualisation"du sujet traité (néologisme↔rendre abstrait progessivement)→ici des soldats romains arrivant en provence*
 


                                                                 §
           L
es collages,inclusions et incrustations diverses (cf héritage de g.Braque).



                                            §
        Matité /brillance l'héritage des classiques.



Le plus grand défi de la peinture est celui de la gestion par le peintre du rapport mat/brillant.
La matité = frontalité ?
Brillance=profondeur ?

Ce problème ne fait plus l'objet de soins attentifs en peinture,à l'heure actuelle.Les vernis sont à cet égard, en partie responsables.Ces derniers uniformisent l'ensemble dans un sens(mat) ou dans l'autre(brillant).Le peintre n' a plus à se préoccuper avec soin de ce pensum car les nuances qui le préoccupent seront annulées en valeur par le vernis.Pour cette raison cézanne répugnait à vernir ses oeuvres obsédé qu'il était par lesdits rapports (mat/satiné/brillant) 
S'agissant de l'huile le vernis sert à limité les embus (surmatité involontaire).Mais dans le cas de l'acrylique le vernis hormis ses vertus de protection ne peut dispenser le peintre de s'atteler à cette lourde tâche .Doit -on traité les ombres  tout en matité ou inversement en surbrillance?Il semblerait qu'il n'y ait point de règles à l'évidence tout cela dépendant du tempérament de chacun.

















Par Aurélien Citoleux - Publié dans : LA FIGURATION SUPRAMORPHOLOGIQUE ?
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