
"the red jacket",acrylic on canvas
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Article paru le vendredi 22 juin 2007 dans" le courrier d’Aix "par Marie-Laure Brémond.
Aurélien Citoleux, un peintre d’avenir.
Aurélien Citoleux a participé récemment à deux expositions. La première à Marseille dans le hall de l’immeuble du Corbusier, la seconde à Aix à l’espace enfant-jeunesse, Bld A. Briand, qui s’est poursuivie du 28 mai au 11 juin.
Le jeune artiste de 28 ans est côté à l’Akoun depuis peu de temps ; révélation du Salon d'art contemporain de Puy-Loubier en septembre 2006 où il a tenu la comparaison avec Arène et Briata, son chemin se poursuit, sans précipitation, sans brûler les étapes.
On aimerait pouvoir en faire l’héritier de tel ou tel maître de l’Ecole Provençale, le comparer à tel ou tel célèbre contemporain, force est de constater qu’il apparaît lui-même, en entier, comme une évidence, avec une manière picturale qui lui est totalement propre. Un talent particulier, hors du commun, une force pour retranscrire le paysage, une force pour dire avec un pinceau tout l’indicible des couleurs et des formes qui composent le sujet ;
Remise en cause de son style entre le Salon de la Ste Victoire et ces deux récentes expositions. Une évolution centrée sur une stylisation des concepts qui composent la trame de l’œuvre plus qu’une nouvelle direction : une nouvelle recherche. Il y a deux ans Aurélien Citoleux était l’homme qui cherchait l’harmonie dans la construction du sujet avant toute chose, il fallait que tout soit bien en place. Jouait pour lui un véritable instinct pour peindre, quelque chose d’inné, un talent pur qui le menait à aborder le paysage comme un ensemble cohérent, comme un tout, le style s’était déjà épuré par rapport à ses premières toiles qui présentaient de grands panoramas avec une touche plus feutrée. Cette première évolution l’a mené à restreindre sa palette de couleur pour jouer sur des contrastes reposant sur une chromatique de deux ou trois couleurs dominantes. Il s’est également attaché à introduire des personnages, reflets de la Provence, typés et stylisés, qui prennent corps grâce à des touches qui deviennent plus larges et appliquées horizontalement et verticalement comme un premier jet dont la force construit l’identité du tableau.
Ces évolutions ne sont pas le fruit d’un peintre qui ne sait pas ou aller ou recherche quelque facilité commerciale mais le produit d’une lente maturation et l’envie d’aller à l’essentiel de trouver le plus court chemin vers la grâce de la représentation.
Aujourd’hui Aurélien Citoleux est un peintre qui travaille beaucoup et qui prend le temps de réfléchir. Il nous offre dans ces nouvelles toiles une vision plus synthétisée de sa conception du paysage. Il introduit la modernité. Par le biais, d’une part, d’aplats plus larges qui stylisent le sujet et d’autre part par une recherche chromatique qui le mène à travailler sur des matières fluos, avec des feutres argentés. Des couches différentes se superposent à certains endroits de la toile, donne du relief par accumulation parcimonieuse et ponctuelle de matière. Parfois, le ciel est représenté par deux grands traits bleus passés sur un aplat gris métallique. Il faut oser prendre à rebrousse poil les principes traditionnels, Aurélien Citoleux impose sa propre approche, sa propre vision des choses. L’artiste ne s’exprime pas sur des grands formats, il préfère rester à une échelle visuelle qui reste humaine.
Ce soin dans la composition déjà présent dans les toiles de sa période marseillaise, est aujourd’hui beaucoup plus spontané, le soucis de cohésion a une origine nouvelle : le choix de représenter un seul sujet chromatique au centre de la toile, ce composant : un champ, des rochers…évoque un tout structuré qui obéit à une multitude de signaux qui attire le regard.
Cette puissance agissante interne à la toile est accompagnée de la liberté de l’imaginaire, force évocatrice d’une poésie qui n’est pas feinte. Poésie avec le gris qui file et ne s’éteint jamais.
Aurélien Citoleux fait du gris sous toutes ses variations jusqu’au noir sa couleur- compagne qui nous jette sur la route à l’image des plans- séquences de David Lynch.
Paysage fait de solitude, image d’une réalité qui nous échappe, construction silencieuse et minérale qui n’existe pas dans la réalité, simple jouet d’un prodige qui s’amuse avec ses pinceaux comme un cinéaste se sert de ses acteurs.
Aurélien Citoleux représente aussi des personnages attendrissants. Arlequin ou vieil homme, ils nous disent tous la poésie de leurs gestes, la force de leurs mains, ou l’œil qui nous invective. Représenter leur âme. Ces personnages sont au bord de quelque chose, ils peuvent tomber ou se faner à tout instant, ils nous disent la condition humaine, les choses indicibles que seul l’artiste peut mettre à jour, que seul l’artiste nous révèle car ils pressent l’instant où les choses changent pour nous en donner une suggestion. Voir au travers des paysages comme à l’intérieur du cœur des hommes tel est le corps de la peinture d’Aurélien Citoleux.
Marie-Laure Brémond.
La route ,le ravin, sorte de route à la Mullholand drive, angoissante sous ce ciel pesant, dans une atmosphère qui paradoxalement se révèle dynamique à l'oeil.
La route, les roches, et puis au bout ce virage si serré qu'on pourrait même penser qu'il n'y a plus rien d'autre, après; plus rien d'autre tant il suffit, à lui seul, à courtiser la très redoutée folle du logis.
La route, le gris, l'imposante beauté du mystère dans tout ce qu'il a d'irrésolu, d'immuable...
0.H