Présentation

EXPOSITION LE CORBUSIER

Lundi 27 août 2007



"Il est vrai que la forme souvent

s'accorde peu à l'intention de l'art,

parce que la matière est sourde à lui répondre".

 


                                                DANTE (chant 1 du Paradis)




Par "figuration supramorphologique" que l'on peut synthétiser sous le terme plus simple de "supramorphisme" (néologisme dont je suis l'auteur exclusif), la racine supra évoquant la dimension transcendantale en tant que synthèse de l'expérience ,la désinence "morphologique"renvoyant de façon simple à la forme dans sa dimension "extra-ordinaire".

-La forme académique, procède pour l'essentiel d' une orchestration de l'espace par le biais de canons que sont les patrons géométriques (cercles ,carrés,points,...).la peinture occidentale(laissons de côté l'arabesque) a toujours procèdé de la sorte .A la Renaissance les patrons sont dissimulés sous la notion arbitrale du nombre d'or.Plus récemment le Cubisme, puis le Purisme (le modulor du Corbusier),ainsi que l'art abstrait à ses balbutiements européens (Delaunay,kandinsky etc..) ont recouru de façon "ultralisible" à de tels patrons allant jusqu'à leur représentation univoque sur la toile(le cercle ,le carré sont représentésen tant que tels). Le but étant l'harmonie symbolisée selon l'évolution esthétique du temps  soit par  la notion de symétrie(le nombre d'or) , soit par celle de dissymétrie voir d'une asymétrie,savamment calculées (dans le cas du cubisme).Via ces recherches d'ordre harmonique la peinture était en quête avant toute chose d'un équilibre ou selon  d'un chaos conceptualisé.L'impressionisme, le fauvisme, ainsi que l'expressionisme abstrait  par un emploi  toujours plus optimal  de la couleur furent autant de tentatives de suggestion de la forme par le biais de celle ci, prophétisant une relégation définitive du dessin.

La forme du sujet pouvant être exprimée selon 2 procédés que l'on combine ou que l'on exclut l'un, l'autre:
-importance du dessin (les classiques)
-prévalence de la couleur (les modernes).


-Par "supramorphisme"(sur le plan strictement TECHNIQUE) j'entends souligner la prévalence de la forme plastique obtenue selon le rendement de la matière sur celle procédant de la couleur et du dessin.
La notion de  morphologie renvoie au "monstrueux" naturel, aux difformités quasi invisibles de la nature.Ce qui stimule mon travail ce sont les micro-incidents de la forme ,ainsi que les aspérités du sujet que le peintre se doit de représenter sous une forme gémellaire avec les médiums qui sont les siens.La peinture doit par mimétisme tendre vers une imitation de la densité du réel (via le modelé). La suggestion de la forme sur la toile contrairement à ce qui fut toujours admis , ne relève point exclusivement soit du dessin ou de la couleur ou d'une combinaison des deux.La distribution de la matière joue un rôle primordial en tant qu' évocation formelle (jeux de vide /plein,abscence/lisibilité).La matière accumulée sur le support, les accrétions déposées  çà et là sur le support sont susceptibles de rendre mieux compte à mon sens, de la sensation de"présence" ou "d' absence"du sujet .La matière constitue une synthèse des effets conjugués du dessin et de la couleur.A ce titre l'on peut accumuler la matière picturale dans un ciel quitte à exécuter des roches par sfumato ce qui de prime abord pourra  sembler une inversion d'avec le réel par trop iconoclaste (" ciel pictomorphe":  cf ci dessous détail du ciel du tableau la Cinétique du  tholonet ).
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La seul terrain ou le tableau puisse valablement défier le sujet qu'il prétend "retranscrire" est celui de la matière qui par accumulation tend vers le sculptural
donc vers la tridimensionalité.A ce titre l'oeuvre détient une autonomie (existence) propre et singulière par rapport au modèle.
Le but recherché étant de traduire  la densité physique du sujet sur la surface picturale.
La forme n'atteignant sa plénitude que par le biais des jeux de densités.

-Tout référent (chaise ,table, pomme) possède une ductilité ( élasticité) si je puis m'exprimer ainsi, dont l'imagination doit  tester les potentialités expressives dans les limites  du vraisemblable, sous peine de rompre tout lien avec le visible (un nez ne peut en aucun cas sous peine d'explication littéraire être signifié par une nuée de points hasardeusement  éparpillés sur le papier). Les accumulations permettent  d'atteindre une certaine forme d'abstraction sans perdre de vue le "référent".Le supramorphisme" est une sorte de purgatoire plastique jouant le rôle d'interface entre " le langage figuratif " qui seul peut valablement prétendre à en remplir les fonctions communicatives et les signaux abstraits (abscence du référent).La narration qu'on le veuille ou non demeurant à cet égard essentielle.

- Sur le plan de l'esthétique il s'agit d'exprimer  la forme originelle supposée de la nature.Les arbres" foetus",les roches "champignon" ainsi que les arbres "cible"(ci dessous) sont autant de tentatives afin de saisir cette antériorité organique du spectacle naturel.( véritable heuristique d'un environnement primitif).Le but étant d'exploiter au maximum les preuves les plus infinitésimales d'une virginité à jamais révolue.L'imagination jouant un rôle primordial dans cet effort de "reconstitution" du  " de ce qui fut mais n'est plus".
  

arbre-cible.jpgroche-campignon.jpgr

Arbre cible :détail                               roche champignon : détail

-la pictomorphie.Cette notion purement inventive recèle 2 réalités qu'il convient de développer. Ce néologisme évoque à la fois "le point en tant que forme" et le point considéré dans sa dimension picturale.La racine "picto" signifiant à la fois
-le point 
- et le pictural.
Sous ce vocable un peu particulier j'entends de la sorte baptiser certaines régions du tableau assimilables à une sorte de "crépi".Le crépi (région pictomorphe),étant la concrétisation du point dans sa tridimensionalité.Les régions ainsi traitées  bénéficient d'une "prégnance" remarquable.La matière par le biais d'une forme d'ensemble crenelée semble mimer littéralement  le comportement et les jeux de lumière sur le support. 
 voir ci dessous


d--tail-alg--rie.jpg 
région pictomorphe 
par Aurélien Citoleux publié dans : CRITIQUE D'ART
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